Généralement, l’élément RWD se rapporte au grès égyptien (INR RWDT non inscrit ici), plus précisément le matériau en pierre trouvé dans les carrières de l’Egypte du Sud et employé pour construire les temples du Nouvel Empire et les Périodes suivantes à Karnak, Luxor, Edfu, Esne, Denderah, Abu-Simbel. Ce matérau, le grès égyptien, est un matériau tendre, qui, parfois, peut être facilement griffé par l’ongle (Rozière, 1801). C’est le contraire d’une pierre dure. C’est deux fois plus tendre que la pierre calcaire de Gizah, quatre fois plus tendre que le marbre de Carrare ou huit fois plus tendre que le granit d’Aswan. Il devient évident que l’élément RWD ne signifie pas la pierre dure.
D’autre part, l’idéographe RWD signifie aussi : germer, grandir et le verbe causatif, S-RWD, faire solide ou lier fortement. Le gravier et le caillou contiennent aussi l’idéographe RWD. Finalement, le grès, quartzite, parfois le granit et d’autres pierres qualifiées avec RWD, sont des pierres solides naturelles résultant de la solidification géologique d’agrégats, comme des particules de quartz ou de sable.
Mot-clé AAT: La colonne 16 donne les différents noms d’AAT. Selon Harris (p.21) AAT doit être considéré comme un mot pour des minéraux et se réfère à des minerais. Dans col. 19, ces minerais sont présentés pour la première fois, rapportant l’invention de la construction avec des matériaux en pierre.
Mot-clé TESH: Le mot composé AAT NEB RWD UTESHAU, à la fin de col. 11 a un intérêt particulier. Barguet traduit : “matières précieuses et pierres dures des carrières”, mais déclare dans une note que sa lecture peut être douteuse en raison de l’écriture étrange de ce mot, dans le hiéroglyphe. Au lieu de TESHAU, Barguet lit SHETI.
La racine TESH a la signification générale de : écraser, séparer, fendre, et le verbe BETESH indique l’action de dissolution, la désagrégation. Une pierre qui est écrasée ou démontée ou séparée, est appelée un agrégat.
Cela nous amène à conclure que le mot RWD UTESHAU indique n’importe quel agrégat naturel, ou un matériau naturellement séparé, comme le matériau érodé et naturellement désagrégé. RWD pourraient être extrapolé comme étant l’idéographe de la description de l’agglomération, ici au commencement du mot, ou de la pierre agglomérée (géologiquement ou synthétiquement) quand mis à la fin.
Si notre supposition est exacte, les matériaux pierreux inscrits en colonne 15 doivent être dans une forme fragile, ou facile à désagréger. Deux noms contiennent la racine TESH, quatre noms ne l’ont pas.
La pierre BEKHEN a été trouvée dans des inscriptions placées dans l’oued Hammamat, dans le désert au Sud-Est d’Aswan et est mentionnée comme étant soit un basalte noir, une diorite, un schiste sablonneux, un porphyre, un greywacke, soit un gneiss psammite (Lucas et Rowe, 1938; Morgan, 1894). Egalement, selon les Inscriptions Hammamat (Couyat-Montet), l’exploitation de BEKHEN à l’Oued Hammamat a été effectuée d’une façon très primitive. Les blocs choisis étaient généralement jetés en bas de la montagne où ils sont arrivés fendus en de nombreux morceaux.
La pierre MTHAY est plus intéressante à discuter. Ce nom semble contenir la racine du mot MAT ce qui signifie le granit. Harris (p.72) est d’accord avec Barguet quand il note qu’il est étrange que le granit n’est pas autrement mentionné dans le texte. Puisque c’était la pierre la plus typique de cette région, il est donc probable que cette forme remarquable d’écriture dissimule MAT, c’est-à-dire le granit. Cependant, à part l’orthographe hiéroglyphique particulière qui arrive dans la Stèle de la Famine, les écritures faisants références au granit contiennent toujours le même hiéroglyphe, la faucille MA, avec des adjectifs différents. Dans col. 15, la lettre ME n’est pas la faucille, mais un oiseau privé de ses ailes et de ses plumes. Cette manière d’écrire la lettre ME doit être trouvée dans le mot MUT, se tuer. Le mot METH signifie aussi mourir. D’autre part, le granit MAT est souvent écrit avec l’idéogramme de coeur, la vie, suggérant l’idée de granit vivant. La supposition, que l’auteur de la Stèle de la Famine a voulu souligner, dans une forme condensée, est que le granit est un matériau érodé, fragile, désagrégé, trouvé dans quelques affleurements géologiques. Il aurait pu aussi essayer de souligner l’idée de granit mort.
Mot-clé AIN: Colone 15 commence par : “Apprenez les noms d’AIN (la pierre)”. Le mot hiéroglyphique pour la pierre solide, pierre de construction et le bloc, est AINR. La majorité de roches solides est appelée AINR, avec un adjectif. Harris ne fait aucune distinction entre AIN et AINR, le mot copte pour la pierre, UN, étant très semblable à AIN. Cependant AINR est essentiellement appliqué à la pierre employée dans la construction. AIN doit être reconnu comme un mot générique pour la pierre, comme une substance, c’est-à-dire un matériau pierreux, en opposition avec d’autres matériaux comme le bois ou le métal.
Mot-clé idéographe: On ne connaît pas la valeur phonétique de cet ideographe; pour le dictionnaire, c’est un déterminant pour l’arôme et l’odeur, mais n’est pas associé aux parfums. Il touche essentiellement aux substances qui distribuent des odeurs, des effluves ou des émanations. Aussi, ces odeurs ne sont pas nécessairement mauvaise et elles ne signifient pas puer. Parfois cet idéographe a été associé à la notion de plaisir.
Trouvé en Colonne 12, il est pour Brugsch un mot pour onguent (“salbe” en allemand). Barguet et Lichtheim ne le traduisent pas employant le terme général “des produits” en rapport avec ceux cités dans col. 11, “aat nb rwd uts3u” les minéraux et pierres.
L’idéographe pourrait représenter une vessie ou un vase contenant un liquide, qui distribue une odeur, mais n’est pas un parfum. Autrement dit, cela pourrait être le déterminant pour le produit chimique. La majorité des produits chimiques ont une odeur caractéristique et les chimistes ont appris comment détecter, reconnaître et associer n’importe quelle odeur particulière. Selon col. 11 et 12, ces produits odorant sont les minerais et les matérieaux en pierre qui sont essentiels pour la construction des temples et des pyramides.
Les études lexicographiques des minéraux antiques font la supposition que leurs noms doivent provenir de leurs couleurs. Ils comptent sur le fait que, dans des noms de gemmes grecs, divers pierres sont étroitement associées à une couleur, par exemple les pierres semi-précieuses contenant la racine chryso, jaune. Des minéraux, des minerais et des matériaux pierreux, montrés dans Barguet, Harris et les traductions de Lichtheim de la Stèle de la Famine, démontrent que ce type de recherche lexicographique n’est pas couronnée de succès. La majorité de noms hiéroglyphiques n’a pas trouvé d’équivalence contemporaine. Nous pensons que, en présentant le concept d’odeur et peut-être plus tard celui de goût, nous suivons simplement les méthodes antiques et classiques de caractérisation de produits chimiques, à savoir la détermination de leur couleur, odeur et le goût.