Pourquoi les géologues ne voient rien ?
Cela tient à la colle géologique qui, bien qu’artificielle, est vue par les géologues soit comme une impureté, donc inutile à étudier, soit comme un liant naturel. Au mieux, les outils d’analyses et les méthodes de travail des géologues prennent le ciment pour un “liant micritique” parfaitement naturel. Un géologue non formé à la chimie des géopolymères affirmera de bonne foi que les pierres sont naturelles.
Le fond scientifique, incluant les analyses, les formules, la fabrication des pierres sont révélées dans le livre récemment mis à jour Geopolymer Chemistry & Applications dans plusieurs chapitres, par exemple aux chapitres 5, 11, 13, 17 et 20.
La formule chimique :
Les gens pensent que puisqu’on utilise des produits chimiques, il est très facile de trouver ces ingrédients dans le produit final. C’est faux. Grâce à la chimie des géopolymères, la réaction chimique génère des éléments naturels, des minéraux qui peuvent être considérés comme naturels par un scientifique non informé de leur nature artificielle.
Nous avons, jusqu’à présent, mis en pratique au moins deux systèmes chimiques, l’un employé dans la fabrication des blocs des massifs des pyramides (la quantité la plus importante), l’autre utilisé pour obtenir les pierres des revêtements (intérieur et extérieur). Dans l’étude scientifique récente de Barsoum, Gangly et Hug , les blocs des massifs sont illustrés par les échantillons MENK, alors que les revêtements correspondent aux échantillons LAUER et OC.
1) Chimie des blocs des massifs

La géosynthèse consiste à faire réagir l’argile kaolinite (naturellement incluse dans le calcaire de Guizèh) avec de la soude caustique (cf. formule chimique 2). Pour fabriquer cette soude caustique, on fait intervenir le natron égyptien (carbonate de sodium) et la chaux éteinte (issue de cendres de plantes) (cf. formule chimique 1). On obtient alors de la soude qui va réagir avec l’argile.
Le plus intéressant est que cette réaction chimique crée du calcaire pur (calcite) ainsi que de l’hydrosodalite (un minéral appartenant à la famille des feldspathoïdes ou des zéolithes).
Mais le mélange est encore assez caustique. Afin de le neutraliser, on y ajoute un sel spécial appelé carnallite (chlorure de magnésium) qu’on trouve facilement dans les évaporites, des dépôts salins comme le natron, mais pas au même endroit (cf. formule chimique 3 et 4). Les alcalis sont transformées en un sel neutre, l’halite, ce qui explique les quantités importantes de sel NaCl trouvées dans les pierres des pyramides de Guizèh. La calcite et la magnésite formées in-situ peuvent crystalliser et former des crystaux rhombohédriques de dolomite.

2) Chimie des pierres de revêtement
Dans la formule chimique 2, on peut remplacer une partie d’argile par un matériau siliceux hydraté, comme par exemple la diatomée (silice amorphe hydratée) ou autre, qui produira du silicate de soude, lequel réagira selon la formule chimique 3 avec la carnallite, conduisant à la formation de silicate de magnésium.
Les liants de la pierre ré-agglomérée sont le résultat de géosynthèses (des géopolymères) qui créent plusieurs minéraux naturels: le calcaire (calcite), des alumino-silicates hydratés (feldspathoïde, mica-chlorite), des silicates de magnésium, de la magnésite (aussi de la dolomie par réaction calcite+magnésite) et de l’halite. Le natron égyptien contient souvent du sulfate de sodium, qui dans le milieu réactionnel de la formule 1 produit aussi du sulfate de calcium. On comprend pourquoi les géologues peuvent être facilement trompés.
